elf la pompe afrique nicolas lambert

France Inter

Inter 13/14
Le journal de la rédaction du 15 décembre 2005 présenté par Yves Decaen.
Interview et reportage de Benoît Collombat
Ecouter

Le Pop Club de José Arthur.
Ecouter l'emission du 14 février 2005

"Là-bas si j’y suis" de Daniel Mermet.
Deux émissions avec Nicolas Lambert et François-Xavier Verschave, président de l’association Survie Elf, la pompe Afrique (1) (format Real Audio) diffusée le 15 février 2005

Elf, la pompe Afrique (2) (format Real Audio) diffusée le 16 février 2005 "Elf, la pompe Afrique"
Par Daniel Mermet. France Inter le 16 février 2005

Petite turpitudes et grands détournements de la délinquance en col blanc. Elf, la pompe Afrique… L’une des pompes à fric de la Françafrique. On connaît les personnages : Loïk Le Floch-Prigent, André Tarallo, Alfred Sirven qui vient de nous quitter, huit ans d’instruction, quatre mois de procès, l’affaire vient en appel dans quelques semaines (le 31 mars)… une grande affaire, haute en couleur, la Justice juge des personnes, des personnalités, mais n’est-ce pas au détriment de la dimension politique du « dossier elf » ? Cette dimension – vous l’aviez deviné car vous êtes très malin – c’est la dimension de la « Françafrique » c'est-à-dire ce néo-colonialisme imposé par la France depuis plus de quarante ans et qui n’est rien d’autre qu’un pillage criminel de l’Afrique.
Doow Nibor. Si vous retournez, ça fait « Robin Wood », Robin des bois mais à l’envers. Qu’est-ce que c’est qu’un Robin des bois à l’envers, c’est celui qui vole aux pauvres pour donner aux riches, voila ce qu’ils ont fait dans cette affaire elf, qu’ils continuent à faire et que la France continue à faire dans cette Afrique. Voilà pourquoi nous y consacrons deux émissions. Il y a d’autres raisons : il y a aussi la succession d’Eyadema au Togo, une mascarade tragique, la mort d’Alfred Sirven liée à cette affaire et puis un spectacle.

Bavards parasites. Le spectacle de Nicolas Lambert qui fait un tabac avec ce « Elf, la pompe Afrique » où ce jeune comédien qui a observé, suivi de très près le procès, joue tous les personnages. Il est tout seul en scène pendant deux heures et il joue tout le procès. C’est bien foutu, c’est drôle, on rigole et puis on comprend quelques choses et puis on réfléchit. Il a inventé (ou presque on sait pas trop…) le documentaire théâtral. Et ça c’est très intéressant parce que la crise des intermittents a réveillé une question endormie depuis longtemps sous une pile de résignations et de renoncements : à quoi servent ces bavards parasites ? Qu’est-ce qu’ils nous racontent des réalités du monde ? Qu’est-ce qu’ils nous en disent, comment ils le disent et à qui ils le disent ? C’est une vieille question depuis longtemps balayée sous le tapis de la consommation culturelle et de la production de produits culturels. Et bien, il y a des propositions, il y a d’autres choses qui se présentent et nos bavards parasites nous secouent aussi bien que d’autres et peut être mieux en ce moment.


Daniel Mermet


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Le Monde Diplomatique

Théâtre civique
Elf, une affaire d’Etat
Par Anne-Cécile Robert. Le Monde Diplomatique de janvier 2006

« Je m’aperçois que nous ne sommes pas face à trois personnes qui ont dérapé. C’est beaucoup plus profond que ça. Il s’agit réellement d’un système de gouvernement, d’un système de prises de marché. » Telle est la conclusion à laquelle parvient rapidement la juge d’instruction Eva Joly lorsqu’elle enquête sur l’« affaire Elf » dans la seconde moitié des années 1990. Au printemps 2003, trente-sept personnes seront jugées à Paris pour abus de biens sociaux au détriment de la compagnie pétrolière française. Parmi elles, M. Loïk Le Floch-Prigent, ancien président-directeur général, M. André Tarallo, le « M. Afrique » de la société, et Alfred Sirven son directeur général, aujourd’hui décédé.

C’est ce procès exceptionnel que le comédien Nicolas Lambert a suivi pendant de longues semaines et qu’il a mis en scène pour le théâtre sous le titre Elf, la pompe Afrique (1). Seul devant les spectateurs, il incarne tous les protagonistes de ce qui restera sans doute la plus grande affaire de corruption de la Ve République. Le tour de force, le trait de génie de l’auteur résident dans le fait d’avoir bâti le scénario exclusivement avec des déclarations des juges, avocats et prévenus. Point n’est besoin, en effet, de grandes démonstrations : les aveux des inculpés suffisent à rendre compte de la gravité des actes commis. Aujourd’hui privatisée sous le nom de Total, la société pétrolière a abrité un vaste système de corruption permettant non seulement l’enrichissement de ses cadres principaux, mais aussi la rémunération de dirigeants « amis » de la France en Afrique. En outre, les sommes, qui transitaient sur des comptes à l’étranger, servaient à financer les principaux partis politiques français. D’ailleurs, en nommant M. Le Floch-Prigent, le président François Mitterrand souhaitait « rééquilibrer » cette manne en faveur de ses propres amis.

Nicolas Lambert campe, tour à tour, le président du tribunal, méthodique et prudent, M. Le Floch-Prigent, pathétique et misérable, MM. Tarallo et Sirven, manipulateurs cyniques tombés du ciel françafricain. L’attitude de l’ancien PDG laisse songeur. Il ne semble pas, comme d’autres, dévoré par l’appât du gain lorsqu’il prend la tête d’Elf. Cependant, et ce n’en est peut-être que plus terrible, il a vite pris les habitudes de la maison ; au mieux, il s’est contenté de fermer les yeux. Il paraît parfois étonné, avec le recul, de son attitude d’alors. Le président du tribunal et les spectateurs de la pièce aussi, malgré tout ce qui a été écrit sur les malversations de la firme... Chez Elf « l’africaine », la réalité dépassait la fiction et, en tout cas, selon la juge Joly, les faits jugés à grand bruit à Milan durant l’opération « Mani pulite » contre la corruption en 1992. La magistrate a d’ailleurs relaté, dans un livre, les entraves qui furent mises à son enquête (2). La mise en scène, sobre, de Nicolas Lambert s’en fait habilement l’écho.

Portant uniquement sur la présidence de M. Le Floch-Prigent, les événements jugés révèlent un système qui remonte au début de la Ve République. Conçu comme un outil du néocolonialisme hexagonal, il a servi, jusqu’à la fin des années 1990 (3), à entretenir des régimes autoritaires ou dictatoriaux sur le continent noir. Les principaux protagonistes de cette affaire de détournements de fonds (300 millions d’euros) ont été condamnés à de lourdes peines : cinq ans ferme pour MM. Le Floch-Prigent et Sirven, quatre ans ferme pour M. Tarallo (4). Mais c’est un système politico-économique, auquel la présidence de M. Mitterrand ne changea rien, qui est ici jugé.

Elf, la pompe Afrique a triomphé au festival « off » d’Avignon, en 2005, avant de jouer les prolongations à Paris et en province fin 2005 - début 2006. Pour le comédien et auteur Nicolas Lambert, il s’agit d’une forme de théâtre civique qui ne repose que sur le soutien du public (5). Debout face à des spectateurs que l’on sent attentifs, il joue aussi des silences. Certaines phrases demeurent comme suspendues. On attend des noms. On ne les entendra pas. Une affaire à suivre...


(1) Elf, la pompe Afrique, compagnie Un pas de côté, 75, rue Léon-Frot, 75011 Paris ; 01-74-30-33-03.
(2) Eva Joly, Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ?, Gallimard, coll. « Folio Documents », Paris, 2004, 269 pages, 4,70 euros.
(3) Lire Olivier Vallée, « Elf au service de l’Etat français », Le Monde diplomatique, avril 2000.
(4) Ayant fait appel, M. Tarallo verra sa peine alourdie à sept ans de prison ferme.
(5) Le journaliste Daniel Mermet a consacré deux émissions au spectacle. Le cédérom des émissions et le texte de la pièce (96 pages) sont disponibles aux éditions Tribord, Bruxelles, 12 euros.


Anne-Cécile Robert

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France Culture

18h - Le Journal du Soir
"Elf, la pompe Afrique" (écouter)
Par Marie-Pierre Verot. France Culture, le 31 mars 2005

Extrait :

"Elf, la pompe Afrique", un spectacle conçu comme un acte citoyen, un travail d’histoire contemporaine, la lecture d’un procès hors norme et construit en forme de réquisitoire implacable contre le fonctionnement de la Compagnie elf ainsi que celui de l’état français en Afrique.

L’interprétation d’André Guelfi fait sourire l’ancien magistrat Jean Favart mais au delà du divertissement, ce conseiller honoraire à la Cour de Cassation trouve au spectacle des vertus pédagogiques

Jean Favart : « Il les caricature un petit peu : Dédé la Sardine, je pense qu’il en rajoute un petit peu dans l’accent, dans les gestes, etc. mais je pense que dans une affaire aussi compliquée, avec des intérêts aussi emmêlés, j’ai trouvé qu’il exposait ça d’une manière… même quelqu’un qui ne sait pas ce que c’est que l’abus de bien social, l’escroquerie, etc. vraiment, s’il ne comprend pas ce qu’il s’est passé…C’est extrêmement pédagogique. Et personnellement, si j’étais directeur d’une école de la magistrature, j’organiserai une séance autour de ça avec un débat avec les juges pour voir ce qu’il faut en tirer comme leçon.

Marie-Pierre Verot : - Comment des accusés peuvent esquiver ? Comment un président doit mener les débats ?

Jean Favart : - Oui, apprendre à bien connaître son dossier, etre très logique, ne pas se laisser déborder par des discours fumeux… et puis bien saisir là où il y a contradiction entre les uns et les autres, que l’on n’a pas répondu à ses questions, parce que ça : apprendre à ne pas répondre c’est souvent une chose qui est très pratiquée, or il faut débusquer ça, on finit par l’apprendre sur le tas. Et je pense que des élèves, futurs magistrats, auraient tout intérêt à apprendre ces chausse-trappes qu’on n’apprend pas à l’école »

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France Info

Elf, la pompe Afrique
"Sortir, écouter, voir" (écouter)
Par Claire Baudéan.France Info le 1er décembre 2005

Extrait :

"Elf, la Pompe Afrique"... Du théâtre documentaire écrit et joué par un comédien militant, en ce moment au théâtre La Fenêtre à Paris.

Nicolas Lambert a voulu transmettre à un large public les minutes du procès Elf qui s'est déroulé au printemps 2003 à Paris. Procès qu'il a suivi en se faisant passer pour un journaliste... Il a dessiné, noté, lu pour écrire ce one-man show qu'il joue depuis un an, et qui ne désemplit pas. On rit beaucoup, on est souvent consterné aussi, en entendant comme le dit ce comédien impitoyable, "les vraies paroles d'un procès qui nous regarde".

Elf, la pompe Afrique
"Info Culture " (écouter)
Par Claire Baudéan.France Info le 1er décembre 2005

Le Mini-site Culture France Info consacré à la pièce "elf, la pompe Afrique"
Par France Info

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France 3

Le 19-20 (Voir - haut débit - Real ou QuickTime)
France 3 Sud le 16 janvier 2006

Extrait :

Son indignation, sa proposition de théâtre documentaire, Nicolas Lambert l'apporte un peu partout en France, souvent à l'invitation d'association de la mouvance Alter-Mondialiste.
Raoul-Marc Jennar : "C'est une formidable interrogation sur la justice. Mais c'est aussi une interrogation sur la démocratie, sur des dérives du pouvoir et de l'abus du pouvoir. "

Le 12-14 (Voir - haut débit - Real ou QuickTime)
France 3 Limousin, ed Poitou-Charente le 20 janvier 2006

Extrait :

Son indignation, sa proposition de théâtre documentaire, Nicolas Lambert l'apporte un peu partout en France, souvent à l'invitation d'association de la mouvance Alter-Mondialiste.
Raoul-Marc Jennar : "C'est une formidable interrogation sur la justice. Mais c'est aussi une interrogation sur la démocratie, sur des dérives du pouvoir et de l'abus du pouvoir. "

Le 19-20 (Voir - haut débit - Real ou QuickTime)
France 3 Edition du Pays de Corrèze le 27 janvier 2006

Extrait :

Decrypté par Nicolas Lambert, ce procès politico-financier devient limpide. André Tarallo, Loik Le Floch-Prigent, Alfred Sirven, tous, racontent et avouent les caisses noires, la corruption des dirigeants politiques africains, celle des plus hauts représentants français. Un réquisitoire édifiant sur le pillage d'Elf et surtout, celui de l'Afrique par la République.

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Europe 1

Elf, la pompe Afrique
"8h - Le Journal" (écouter)
Par Raphaële Schapira. Europe 1, le 23 novembre 2005

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TV5


"Le Journal Afrique" (visionner le sujet - 3mn)
Par Federico Nicotra. TV5 édition du 14 mars 2006

En France, une salle parisienne Nicolas Lambert dénonce les turpitudes de la société Elf dans sa pièce "Elf, la pompe Afrique"

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Offensive

Elf, la pompe Afrique
La Françafrique sur les planches
Par Leila. Offensive N°9 - Février 2006

Après avoir assisté au procès mettant en cause Loik Le Floch-Prigent, Alfred Sirven et quelques autres en 2003, le comédien Nicolas Lambert a voulu faire partager la comédie à laquelle il a assisté. Elf, la pompe Afrique est donc une pièce de «théâtre documentaire», et du meilleur.

Seul en scène pendant plus de deux heures, le comédien nous livre un concentré captivant, quoique toujours pathétique et révoltant, de l'affaire. En virtuose, il habite tous les rôles, «croquant» accusés, juge et procu¬reurs avec précision et un sens aigu de la mise en scène. Les répliques sont authentiques, le cynisme et la mauvaise foi aussi.

Ce spectacle limpide d'une honnêteté exemplaire éclaire un épisode édifiant de la Françafrique. Car au coeur de cette farce immonde, se dessine le cadavre d'une République corrompue jusqu'à la moelle. Même si l'on rit beaucoup (plutôt jaune), on finit par éprouver la nausée. Mais aussi une certaine gratitude envers Nicolas Lambert qui prouve que le théâtre peut encore nous donner des armes pour y voir plus clair et nous aider à lutter.

Leila

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Paris-Normandie

Elf, la pompe Afrique
L’affaire elf, ses coulisses et ses combines
Paris Normandie - Vendredi 10 février 2006

C'est un spectacle collant à l'actualité récente que le théâtre Montdory de Barentin avait programme vendredi dernier. el f, la pompe Afrique une pièce originale que Nicolas Lambert a conçue autour d'une affaire qui a fait les gros titres de la presse.

De mars à juin 2003, l'auteur a suivi le procès Elf au Palais de Justice à Paris afin de dégager une idée de spectacle. "Au départ, j'avais axé mon projet sur l'opposition entre Loïc Le Floch-hrigent, dirigeant de multinationale, et le gosse jouant au pied des tours de la Défense devenues tour d'ivoire ", explique le comédien. Tout au long du procès, il a pris des notes, a beaucoup observé les protagonistes. "J'ai été frappé par la personnalité complexe des prévenus et par les révelations d'un système de financement occulte où chacun clame sa bonne foi".

Le spectacle, né de ces observations, est un one man show de plus de 2 heures où Nicolas Lambert interprète tous les rôles. Servant ai nsi un témoignage citoyen passionnant et souvent drôle. Car le public rit. Mais le rire devient jaune, quand on réalise que le texte est tiré des déclarations d'un procès bien réel et d'une triste réalité.

A l'issue de la représentation, le spectateur a le sentiment que cette affaire a jugé et condamné des individus qui ont utilisé un système, sans que ce système n'ait été jugé et condamné en tant que tel.

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Ouest-France

"Elf, la pompe Afrique" , lundi à Monplaisir
"Le procès réécrit et mis en scène par Nicolas Lambert"
Ouest-France Jeudi 9 février 2006

Après la Journée du bandeau blanc et la semaine de la solidarité internationale, la Casi 49 change de registre (1). C'est au moyen du théâtre que la coordination veut amener à réfléchir sur les rapports Nord-Sud. Nicolas Lambert va venir jouer « Elf, la pompe Afrique». Une pièce voulue citoyenne et drôle.

Nicolas Lambert n'est pas un comédien tout à fait comme les autres. II prend la plume, aussi, et milite à sa façon. En l'occurrence, c'est après avoir assisté au procès Elf (en 2003) qu'il a écrit sa pièce « Elf, la pompe Afrique ». Et qu'il l'interprète seul en scène. Sans crainte de se charger de tous les rôles importants. Celui du président du tribunal aux questions ciselées à l'extrême, celui d'Alfred Sirven dont on n'a pas oublié l'allure faussement débonnaire. Le rôle encore d'André Tarallo à l'incroyable mauvaise foi. Et celui, bien sûr, de Loïk Le Floch-Prigent...

Pour écrire son spectacle, Nicolas Lambert s'est appuyé sur le procès auquel il a assisté de mars à juillet 2003. Même si le procès, en réalité, était intenté pour abus de biens sociaux, par la compagnie Elf, à rien de moins que 37 prévenus!

L'objectif de Nicolas Lambert: démêler les fils d'un « imbroglio politico-économico-militaro-judiciaire», pour en faire un spectacle citoyen. Et montrer, au final, comment derrière le procès fait aux hommes, « un autre procès apparaît, celui d'un système, celui d'un État. »

Le propos ne pouvait qu'intéresser au plus haut point André Chabot, président de la Casi 49, celui de « montrer, à travers cet exemple, comment fonctionnent les mécanismes de détournement d'argent et comment, au final, ce sont les pays producteurs, de pétrole dans l'affaire Elf, qui sont les premières victimes d'opérations financières mafieuses.»

(1) Casi 49: coordination des associations de solidarité internationale.


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Le P'tit Bulletin

Gros Plan sur "Elf, la pompe Afrique" de Nicolas Lambert
Ecran TOTAL
Par François Cau - Le P'tit Bulletin du 15 février 2006

Oubliez toutes les émissions de Télé Réalité (vous verrez, c'est facile). Depuis quelques semaines, la petite lucarne nous offre l'une de ses émissions les plus édifiantes, sur la justice française qui plus est. Diffusée en quasi intégralité sur LCP - la chaîne parlementaire, et sur le grand réseau hertzien quand vient l'audition de sa "nouvelle star", la Commission Parlementaire sur l'Affaire d'Outreau scotche, emmerde, énerve, et en un mot, fascine. S'y mélangent petits déballages et grandes vérités à peine voilées, arguments biaisés et cours magistraux (par ailleurs amenés à être étudiés par les futurs juristes !). Si l'audition / exécution publique du juge Burgaud n'a pas eu la même audience qu'une finale de Star Academy, 5 millions de téléspectateurs étaient tout de même rassemblés devant leur écran. Voyeurisme exacerbé, envie d'être le témoin indirect d'un monstrueux plantage judiciaire, ou urgence de profiter d'une soudaine transparence, offerte en pâture aux français inquiets quant à l'efficacité de l'appareil médiatico-judiciaire ? Probablement un peu des trois. Le spectacle de Nicolas Lambert, sur le plus gros scandale de la Ve République (après Sarkozy, bien sûr), joue clairement sur ces notes sensibles. Les deux affaires ne sont pas comparables, entendons-nous bien. Mais leurs représentations publiques ont valeur de piqûres de rappel on ne peut plus nécessaires, ne serait-ce que pour rappeler que le limogeage d'un bouc émissaire, cristallisé en punching-ball pathétique, n'enterre pas à lui seul les dérives du système.

CRITIQUE / AU GRÉ D'UN VÉRITABLE ONE-MAN-SHOW (DE PASSAGE CHEZ NOUS GRÂCE À L'ASSO SURVIE ISÈRE), NICOLAS LAMBERT REJOUE QUATRE AUDIENCES CLÉ D'UN SCANDALE AUX MULTIPLES IMPLICATIONS. SI TOUT CELA N'ÉTAIT PAS FAROUCHEMENT "INSPIRÉ DE FAITS RÉELS", ON REPROCHERAIT PRESQUE AUX COMÉDIENS DE VERSER DANS LE GROTESQUE...

Au beau milieu du cirque médiatique ayant entouré l'affaire, Nicolas Lambert trouve le moyen idéal d'assister aux audiences des principaux prévenus. se faire passer pour un journaliste. A la base, le désir du comédien de se frotter à l'appareil judiciaire pour préparer le nouveau spectacle de sa compagnie (Un pas de côté). Et très vite, l'artiste se retrouve devant la fatale évidence de la vérité qui dépasse largement n'importe quelle fiction. Nicolas Lambert prend les déclarations des "stars" du procès (Loïk le Floch-Prigent, André Tarallo, Alfred Sirven et André Guelfi) en sténo, se blinde au niveau juridique afin d'éviter les éventuelles plaintes en diffamation, et se lance dans l'écriture. Enfin, plutôt dans l'agencement du spectacle, le seul fruit de son imagination étant les interventions du juge questionnant les accusés. Dans ces instants quasi fictifs émergent un bon mot par-ci, un haussement de sourcil par-là. Nul besoin de charger la mule, les rhétoriques de la défense se suffisent amplement à elles-mêmes. Les quatre audiences sont ponctuées des interventions de musiciens africains, des gimmicks garantissant le rappel du contexte et une fine touche de poésie.

LA COMÉDIE DU POUVOIR Mais comme annoncé précédemment, l'enjeu de ce spectacle, sobre outre mesure (la scénographie se partage entre le "prétoire" - un baril d'Elf - et trois photos de Présidents de la République scotchées en fond) réside bien évidemment dans les déclarations des prévenus. Quatre personnages que Nicolas Lambert campe dans leurs assises caricaturales (balbutiant ascendant sénile pour Tarallo, accent marqué pour Sirven et ton affecté et outré pour le Floch-Prigent), sans verser dans un jeu abusif pour autant. Car le comédien aura bien saisi, en témoin privilégié et halluciné de ce malheureux jeu de massacre, tout l'intérêt d'une telle entreprise. Restituer tel quel cet enchaînement de fausses pistes, de réponses évasives, de mâieutique absurde suffit à faire passer le message. À ce titre, conclure ce cours d'histoire parallèle par une pétaradante Marseillaise était peut-être de trop, tant le spectateur, qui découvre peu à peu toutes les implications politiques, économiques, d'un détournement de biens sociaux généralisé (et établi comme l'un des moteurs financiers principaux de l'État), ressort lessivé de cette avalanche de faits "trop énormes pour être vrais".

Contre Pouvoir

ENTRETIEN - ADEPTE DES SUJETS DÉLICATS, NICOLAS LAMBERT RENCONTRE AVEC SA PRÉSENTE CRÉATION UN SUCCÈS QUI NE SE DÉMENT PAS AU BOUT DE QUELQUES 160 (!} REPRÉSENTATIONS. IL REVIENT AVEC NOUS SUR LA GENÈSE DU SPECTACLE ET SES RÉSONANCES

Qu'est-ce qui vous a amené aux premières loges de l'affaire ?
J'avais fait auparavant un travail radiophonique sur la prison, et je voulais par la suite raconter, par le biais de la justice, comment on en vient à mettre les gens derrière les barreaux. Je me suis rendu au Palais de Justice en imaginant qu'il y avait quelque chose à faire avec le personnage que pouvait représenter Loïk le Floch-Prigent. Mais je ne m'attendais à ce que j'ai entendu, je ne pensais avoir trouvé le matériau pour faire une pièce sur les dérives de notre République. Car c'est de cela qu'il s'agit, la façon dont elle a crée cette entreprise pour en faire d'une part un instrument au service de sa politique coloniale, et d'autre part un outil de financement de la vie politique française.

On a peur que vous voir tomber dans la caricature, mais au fil du spectacle on vous sent plutôt en retenue...
Je le fais pour installer mes personnages et une fois que c'est fait, on ne revient pas dessus et on s'intéresse au fond. J'ai essayé de ne pas trop charger les uns et les autres, et d'après les témoignages de ceux qui ont pu assister au procès, ça semble raisonnable.

Commet avez-vous géré le pathétique de ces personnages ?
L'aspect humain est fondamental, si on oublie ça on est à côté de la plaque. Je voulais décrypter ça, voir ce qui se passe quand on met ces gens, un ancien restant, un foncier républicain et un socialiste convaincu, face à de tels dérapages. Qu'on leur dit que ce système sert au dépeçage de l'Afrique, que c'est comme ça et qu'il vaut mieux que ce soit nous plutôt que les Américains... Et ils ont très sincèrement cette sorte de fibre patriotique; beaucoup de cadres d'Elf sont venus me dire, « vous comprenez, on est tout de même moins pire que les Américains ou que les Chinois, faut voir comment ils !es traitent» . Je ne suis pas sûr que ceux qui sont de l'autre côté fassent la nuance.

Partagez-vous le point de vue adopté par le film de Claude Chabrol, à savoir que le pouvoir corrompt, y compris les juges d'instruction ?
Je n'ai pas encore vu le film, mais ce que vous m'en dites et ce que j'en ai entendu, ça se rapproche a priori de la version du Canard Enchaîné sur cette affaire, qui demandait "mais qu'est-ce que c'est que ce pouvoir exorbitant du juge d'instruction". Seulement voilà, Roland Dumas ayant été l'avocat du Canard pendant près de 20 ans, il était assez difficile pour le journal d'avoir un autre point de vue sur le cas, et c'est bien regrettable. Et j'ai peur que tes dérives de l'affaire d'Outreau nous fassent déraper là-dessus. II ne s'agit pas ici d'un juge qui dans son coin essaie de gagner en suprématie, on est face à des gens qui ont violé ta loi pour en faire ce qu'ils voulaient

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Le Populaire

Un indispensable spectacle citoyen
La grosse pompe Afrique que voilà !
Loin des abrutissements culturels habituels, La Mégisserie proposait le week-end dernier un spectacle hors des retranchements. « Elf Pompe Afrique » pose des questions essentielles sur une république presque... bananière
Par Laurent BORDERIE - Mardi 24 janvier 2006

Vendredi dernier, la classe de BTS tourisme du lycée Paul-Eluard avait étendu son champ d'action sur le Centre Culturel La Mégisserie, à quelques centaines de mètres de son lieu d'enseignement habituel. Là, les jeunes étudiants, accompagnés des enseignants, notamment Mme Souhaib et M. Doudet, ont pu découvrir un espace culturel aussi impressionnant que le centre intercommunal de Saint-Junien. Les responsables de l'établissement leur ont ouvert les portes de l'établissement et, à l'occasion d'une rencontre débat, leur ont permis d'appréhender au mieux les prérogatives d'un Établissement Public de Coopération Culturel, son fonctionnement juridique ainsi que son activité quotidienne.

Les étudiants n'ont pas manqué à chaque fois de faire la démonstration de leur âpre curiosité et de poser des questions pertinentes sur la nécessité d'un tel lieu, son champ d'action et sa raison d'être. Les jeunes qui consacraient toute leur journée à la Mégisserie et à son action, ont pu aussi rencontrer Nicolas Lambert, auteur et acteur de la pièce "Elf, la Pompe Afrique" proposée le soir même à Javerdat, grâce à l'activité du Centre Culturel.

Un acte citoyen - À l'occasion de cette rencontre, qui se déroulait dans l'auditorium de la Mégisserie les jeunes étudiants ont et droit à un fabuleux cours de théâtre et de citoyenneté, dispensé par un jeune acteur au talent remarquable bien décidé, à aiguiser leur attention. Nicolas Lambert présentait un spectacle époustouflant, effrayant et atypique et son seul discours a permis aux futurs diplômés de se poser quelques questions auxquelles ils n'avaient peut-être pas encore réfléchi.

Le procès de la République - « Elf la Pompe Afrique » son spectacle, est le condensé des débats qui se sont tenus de fin mars à début juillet 2003 à l'occasion du procès intenté par la compagnie pétrolière Elf à 37 prévenus parmi lesquels l'on reconnaissait les grandes figures médiatiques que sont André Tarallo, Loïk Le Floch Prigent et Alfred Sirven. « À l'occasion de ce procès, les médias n'ont pas pu tout retenir des discours entendus, j'ai décidé de le suivre pendant les quatre mois qu'il a duré pour en faire peut-être un spectacle mais dans un premier temps par curiosité. Ce que soulevait le procès Elf me semblait assez monstrueux et je ne le comprenais pas. II y avait beaucoup d'informations. Une information fractionnée et distillée petit à petit par la presse durant des années ».
Nicolas Lambert a compris l'ampleur de la manipulation et ne semble pas étonné que le procès qui devait faire exploser plusieurs fois la république ait accouché d'une toute petite souris

La nécessité de se tenir informé - Après avoir répondu aux questions des étudiants sur ses motivations, les raisons pour lesquelles il a décidé de monter ce spectacle et les réactions qu'il a entendues à son sujet, Nicolas Lambert les a invités à le rencontrer le soir même à Javerdat à l'issue de la représentation avant de leur avoir démontré la nécessité « qu'il y a à se tenir sans cesse informé et à être vigilant, c'est un devoir perpétuel pour un citoyen » lançait l'acteur qui nourrit encore fermement l'intention de réaliser d'autres spectacles qui lui permettront de s'indigner encore. Il semble qu'en la matière il aura de quoi nourrir de mises en scènes.

Spectacle coup de poing De l'indignation, du rire, de l'interpellation, telles sont les recettes de ce grand spectacle que Nicolas Lambert a interprété devant un parterre de spectateurs qui n'avaient pas mesuré l'ampleur du fameux procès Elf ni les enjeux qu'il soutenait. Dans ce spectacle, l'acteur joue tous les rôles et mène son public « à la baguette », comme s'il était dans un tribunal et le spectateur se souviendra longtemps de cette phrase de Le Floch Prigent "en même temps que la Ve république est fondée, il est fondé une espèce d'anti-système, un système opaque, complètement anti-démocratique qui consiste à faire systématiquement le contraire de ce qui est fait à la lumière". Les démocrates ont pu apprécier. Et les élèves de BTS tourisme du lycée Paul Eluard découvrir un monde qui leur ouvre les bras.

Laurent BORDERIE


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RMC

7h / 11h
"Bourdin & CO" (écouter)
RMC, le 24 novembre 2005

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Le Monde

Le ventre de "une"
Sur la scène du Théâtre des Déchargeurs, "Elf, la pompe Afrique"
Par Pascale Robert-Diard. Le Monde du 9 janvier 2005

"Drrring, l'audience est reprise, vous pouvez vous asseoir." Dans un coin de la scène tendue d'un rideau sombre, au-dessus des photos officielles de trois présidents de la République, Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jacques Chirac, trône une vieille balance de marché ambulant, en guise d'impertinente évocation de la justice. Le "président" du tribunal prend place derrière son pupitre, un énorme bidon bleu estampillé Elf. "Nous allons aborder aujourd'hui la question des commissions. Monsieur Loïk Le Floch-Prigent, veuillez vous approcher, s'il vous plaît", "Monsieur Alfred Sirven, qu'avez-vous à répondre ?", "Monsieur André Tarallo, vous avez entendu ce qui vient d'être dit ?" Tour à tour président et prévenu, le comédien Nicolas Lambert recrée l'atmosphère si particulière du procès Elf, tel qu'il s'est déroulé au printemps 2003, devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris.

Des quatre mois d'audience pendant lesquels il s'est tenu dans les rangs du public, Nicolas Lambert a tout retenu : le ton mordant et le regard inquisiteur du président Michel Desplan, la gouaille parfois menaçante d'Alfred Sirven, l'art consommé de parler pour ne rien dire d'André Tarallo, le troublant mélange de suffisance et d'humilité de Loïk Le Floch-Prigent. Il a saisi ces phrases dignes des meilleurs dialogues d'Audiard, pointé la soudaine pudeur sémantique des prévenus dès lors qu'il s'agissait d'évoquer la "caisse noire" d'Elf et les financements politiques - "l'opaque", "l'occulte", "la cuisine", "ces choses-là", "cela" -, noté les petites lâchetés, les demi-vérités, les vrais mensonges et les faux aveux qui ont jalonné l'instruction à l'audience de cette incroyable affaire de détournements de fonds et de corruption où s'entremêlent intérêts pétroliers et déboires conjugaux, hommes d'Etat et hommes de main.

De ce "casse du siècle", rejugé devant la cour d'appel de Paris pendant l'automne 2004 et dont le jugement est attendu le 31 mars, Nicolas Lambert a tiré une pièce souvent drôle mais toujours cruelle, Elf, la pompe Afrique, qui se veut tout autant la lecture d'un procès à bien des égards exceptionnel qu'un réquisitoire militant contre cette forme de colonialisme pétrolier français. Son public rit d'ailleurs moins qu'il ne s'indigne de ces extraits judiciaires soigneusement choisis, où les millions s'engouffrent par centaines dans des villas pharaoniques, dans des comptes bancaires suisses répondant aux noms de Tomate, Langouste, Minéral ou Végétal, dans les poches d'intermédiaires douteux, ou d'opportuns "mandants" africains. A l'entracte, une bande-son diffuse les "actualités" célébrant "la prospérité et le développement social" que la France apporte dans ses colonies. Après deux heures de spectacle qu'une tonitruante Marseillaise vient clore, Nicolas Lambert s'avance vers le public. Il n'est plus président de tribunal, ni prévenu, ni même comédien. Simplement un citoyen qui s'interroge : "On a dit de cette affaire qu'elle pouvait faire sauter vingt fois la République. La Ve République n'a pas sauté, ni vingt fois, ni deux, ni une. Mais sa santé m'inquiète.

Pascale Robert-Diard

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Politis

THÉÂTRE
Succès d'audience
Nicolas Lambert joue un one man show inspiré du procès Elf : « Elf, la pompe Afrique"
Par David Langlois-Mallet. Politis du 10 février 2005

Nicolas Lambert est un garçon étonnant, jugez-en. Comédien, mais d'abord citoyen, il a voulu exercer son devoir de curiosité et s'est présenté au palais de justice un beau jour du procès Elf, pour voir de ses yeux la mise au jour des réseaux de corruption de la « Françafric ». Comme il n'y avait pas de place, il s'est glissé parmi la presse, carnet de notes en main. N'en croyant pas ses oreilles, devant les dépositions des Sirven, Le Floch¬-Prigent, Tarallo, Nicolas Lambert a pris des notes. Mais, là où ses « confrères » de la presse se trouvent limités par les contraintes de leur profession (la durée des sujets au journal télévisé, par exemple), notre reporter improvisé choisit de s'affranchir des conventions de la sienne. Le comédien jouant au journaliste devient metteur en scène du procès. Ainsi est né un one man show d'un genre inusité. Sur scène, il incarne les présidents de la Ve République (à travers leurs citations officielles), il est tour à tour matois, mafieux, désabusé ou menaçant, pour mimer chacun des corrompus du système Elf et, bien sûr, leurs juges au procès.

« -Monsieur Sirven, approchez. Confirmez-vous qu'il y avait des financements d'hommes politiques français chez Elf ? - Ce n'est un secret pour personne qu'Elf servait depuis toujours à ces choses-là. - Est-ce que toutes les opérations donnaient lieu à des versements de fonds occultes ? - Il me semble que vous le savez mieux que moi, c'est la raison de ma présence ici. Nous avions besoin de dégager des fonds. - Monsieur Tarallo ? - Je l'ai déjà dit, j'ai financé tous les partis, enfin démocratiques... »

On peut voir Nicolas Lambert dans un théâtre parisien, et le bouche à oreille se met petit à petit en place. De nombreux groupes locaux d'Attac ou de Sciences-Po commencent à l'inviter. Derrière les rires un peu grinçants, son travail nous donne une excellente leçon de citoyenneté active. Grâce à lui, une information un peu enterrée circule et, parce que les pompes de la Françafrique fonctionnent toujours, chaque soir "l'audience est reprise...".

DAVID LANGLOIS-MALLET

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Le Gri-Gri International

Le Procès Elf au théâtre
Tous les lundis, au Studio de l'Ermitage à Paris, Nicolas Lambert rejoue les meilleurs moments d'un procès historique. Une œuvre intelligente, talentueuse et politique.
Par Anna Borrel. Gri-Gri International n°22 du jeudi 11 novembre 2004

L'art se niche parfois où on l'attend le moins. C'est ce que Nicolas Lambert nous fait découvrir dans une œuvre étrange au concept inédit. Plutôt que de faire appel à un auteur, il a demandé au réel d'écrire sa pièce. Bravant l'étiquette, il s'est immiscé dans les salles d'audience pour assister au procès Elf dans sa totalité et y a puisé un flot de notes dont il nous extrait les meilleurs moments. Seul en scène, il réalise l'exploit de faire revivre ce moment d'Histoire, associant son talent à la matière brute du greffier. Ce comédien exceptionnel remplit la scène de sa présence, mais aussi de celle de ses personnages, tantôt touchants, trantôt truculents, roublards ou batailleurs, effondrés ou vaincus. S'expliquent alors devant la justice et le public Loïck Le Floch-Prigent, ancien P-DG de Elf, ses hommes de l'ombre - André Tarallo et Alfred Sirven - mais aussi d'autres gardiens des bas-fonds de la République tels que l'inénarrable André Guelfi, dit "Dédé la sardine".

Cela ne pouvait que marcher. Qui s'ennuirait devant le défilé de ces personnalités tortueuses et brillantes, acculées à se justifier pour tenter d'échapper à la déchéance et à la prison ? Dans le petit théâtre de l'Hermitage à Paris se rejoue ainsi tous les lundi une page de notre société. Conçue avec l'intelligence de ceux qui maîtrisent leur sujet à la perfection, la pièce de Nicolas Lambert s'adresse à tous, même aux plus néophytes. Un enfant de 10 ans s'y amuserait comme un fou. Un adulte s'y réjouit, avant de réaliser, accoudé au bar qui jouxte la scène, que si les Nicolas Lambert étaient plus nombreux, l'impunité de ceux qui nous gouvernent fondrait bien vite à la chaleur des feux de la rampe. Les rires de la salle noient le cynisme d'un système mafieux qui perdure. On en ressort révolté et conquis. L'armée des Ubu rois qui peuplent les partis politiques français, les cours africaines, les coulisses de la diplomatie et les champs de pétrole est enfin mise au jour, nommément et sans concession.

Anna BORREL

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Voice of America / La Voix de l'Amérique

19h - 20h
Entre Nous : "Elf, la pompe Afrique" (écouter)
Par Nelly Daynac. VOA, mars 2005

Extrait :

Il s'appelle Nicolas Lambert, c'est un comédien français qui s'est intéressé au scandale politico financier de la compagnie pétrolière Elf. Il en a fait un spectacle original, voici quelques extraits de notre conversation.

Nelly Daynac : « Vous proposez au public parisien la pièce "elf, la Pompe Afrique" - tout le monde aura compris le jeu de mot - l'originalité de ce spectacle c'est que c'est un "one-man-show"... mais pourquoi avoir voulu faire une pièce plutôt qu'un livre ?

Nicolas Lambert : - Parce que je suis comédien ! (...) Vous savez qu'en France on n'a pas le droit de faire rentrer les micros dans les salles d'audiences, ni les caméras. On a juste moyen de faire rentrer les stylos, et c'est vrai que souvent on en sort des livres ou des dessins, des caricatures. En tant que comédien, c'est à la fin des audiences que je me suis dit qu'il y avait peut être moyen de proposer une "restitution" de ce que moi, j'ai compris et vu. à travers ce boulot que moi, je peux faire qui est d'être une éponge et de restituer la façon de parler d'Untel ou de la façon de se tenir de tel Autre. » (...)

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La Marseillaise

Culture
Et les Shadoks pompaient...
L'Affaire Elf, encore ce soir à l'Exodus
Par Denis BONNEVILLE - La Marseillaise du 2 avril 2005

Le spectacle écrit par Nicolas Lambert après avoir assisté assidûment au procès de Sirven, Le Floch-Prigent, Tarallo & Cie, dépasse, et de loin, le simple témoignage. Véritable œuvre théâtrale, portée par un auteur-comédien impitoyablement honnête, La pompe Afrique. Efficace et écoeurant.

D'ABORD l'entrée : ambiance bleu-blanc-rouge, quelques extraits radiophoniques évoquant l'ère coloniale, et un chant africain, histoire de ne pas oublier que, avant de se dérouler dans une salle d'audience, la vraie affaire Elf est bien au-delà de nos frontières, en Afrique donc, notamment le Gabon de Bongo, mais aussi les pays de l'Est, le Venezuela, on en passe...

Passant avec une aisance incroyable du rôle du président du tribunal, Michel Desplan - accoudé à un baril, scénographie aussi simple qu'efficace - à celui des accusés - le figé Floch-Prigent, le hâbleur Alfred Sirven, le cacochyme André Tarallo et l'inénarrable Dédé la sardine, pilote d'avion -, Nicolas Lambert peut rivaliser avec Caubère, dans les gimmicks, bien observés, comme dans le rythme, bien enlevé. On rit souvent, on est refroidi aussi sec. Les lapsus corruption/lobbying, la passion de Le Floch pour le jardinage, ses problèmes de coeur, jardinier, l'hôtel particulier de la rue de la Faisanderie, la propriété racheté à l'ami docteur golfeur de Mitterrand, la villa en Corse de Tarallo... : face à ces disputes de gamins à coups de millions, la o nausée " de Le Floch est contagieuse, heureusement dégoupillée par les " suspensions d'audience " dont s'occupent, à Marseille, les émouvants Seydina Insa Wade et Hélène Billard, dont la musique vient ici adoucir les mœurs.

Une Marseillaise en fond sonore, trois présidents en " petit-papas-colons " - De Gaulle, Mitterrand, Chirac-, ambiance bleu-blanc-rouge. C'est fini ? Pas vraiment. Dans un épilogue qui glace le sang, le malicieux trublion donne l'estocade, et parle des suites, la mort de Sirven,, les dessous de l'opération " nettoyage " de Jaffré et son o golden parachute " qui dépasse le montant des profits additionnés des trois pilleurs, sans passer par la case prison... Écœurant, tout simplement. Et intelligent, surtout.

Retour à l'Afrique, et au vrai procès Elf, celui qui n'a jamais eu lieu, celui de la dépossession, du cynisme, de la vente d'armes La boucle est bouclée dans un dernier chant, en direct cette fois, comme un dernier frisson d'espoir, même si, pour Nicolas Lambert, " l'état de santé de la République me fait de plus en plus penser à celui de Sirven ". Espoir ? Et on espère que, après ces trois soirées à l'Exodus, qui affiche quasi-complet et pourrait, ce soir, refuser du monde, Marseille accueillera à nouveau, ici ou là, cette bombe théâtrale et citoyenne, "financée à 100% par le détournement des fonds des annexes 8 et 10 des Assedic ". Pompe à fric, d'Elf au Medef, les combats se rejoignent...

Denis BONNEVILLE

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La Voix du Nord

THÉÂTRE
Affaire noire et gluante ... comme le pétrole
« Elf, la pompe Afrique », par Nicolas Lambert, jouée samedi soir
Par S.R. La Voix du Nord du 15 mars 2005

Dire que le théâtre et la justice sont liés est devenu une évidence. Corneille (pas le chanteur) avait fait des études de droit. Molière aussi. La pièce de Nicolas Lambert, Elf, la pompe Afrique, le démontre une fois encore. Joué samedi soir au Gymnase devant près de 250 personnes, ce spectacle est une lecture de presque trois heures (entractes compris) du procès Elf. Bien qu’elle repose entièrement sur le réel, la pièce fait rire à de nombreuses reprises le public.

Les personnages semblent tout droit sortis de chez Molière (encore lui). Caricaturaux, en permanence dans la démesure, les André Tarallo, Alfred Sirven et autres Loïk Le Floch-Prigent sont de véritables personnages de comédie. Pour résumer l’intrigue, puisqu’intrigue il y a, les trois personnes précitées, ainsi que 34 autres, doivent répondre devant la justice de détournements de sommes astronomiques au sein du groupe pétrolier Elf. Cet argent a servi à alimenter une caisse noire. Et avec cette dernière de nombreux partis politiques seront copieusement arrosés. Nicolas Lambert, seul en scène, donne vie à chacun des personnages. C’est un peu le bon (le juge), le brut (le pétrole) et les truands.

Tarallo ponctue sans arrêt ses réponses par un «voilà» qui plonge le public dans l’hilarité. Le Floch joue les naïfs et les victimes d’un système qu’il prétend n’avoir pu contrôler. Quant à Sirven, il accable l’ancien PDG d’Elf. «Le Floch ne pouvait pas ne pas être au courant de cette caisse. Ou alors la Terre est carrée.»

Nicolas Lambert a assisté à quatre mois de procès. Au terme de son caustique Elf, la pompe Afrique – un peu longuet quand même – on est songeur. Les caricatures sont à la mesure des sommes extorquées: énormes. Et si tout était vrai? Le problème, c’est que c’est le cas.

S.R.


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Radio Libertaire

Deux sous de scène, L'emission du théâtre et de la chanson de Nicolas Choquet, samedi 6 novembre 2004, 15h30-17h (pas d'enregistrement)

Tempête sur les planches, l'actualité du théâtre et de la danse par Thomas Hahn, dimanche 9 janvier 2005, 14h - 15h30 (pas d'enregistrement)

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La Vie

À l'Affiche .
Nicolas Lambert,
elf est comique
La Vie, semaine du 27 octobre 2005

À LA COUR, LES RÉQUISITOIRES SONT RAREMENT DÉSOPILANTS. À MOINS QUE, JOUANT TOUS LES RÔLE, CE SOIT UN COMÉDIEN QUI DÉVOILE UN POT AUX ROSES EMBAUMANT FORT... LE PÉTROLE ET LE FRIC.

EII fallait oser. Extraire du procès-fleuve de l'affaire Elf, qui s'est tenu en 2003, deux heures de répliques et les mettre ainsi en scène, transportant d'un coup le tribunal des ors de la justice aux tréteaux du théâtre. Et il fallait y croire : salles polyvalentes de province, maisons de quartier de banlieue ou théâtres parisiens, l'aventure de Nicolas Lambert, le comédien et metteur en scène d'Elf, la pompe Afrique, dure depuis un an devant des salles pleines. Car, au-delà du bouche-à-oreille militant, sa pièce joue comme un révélateur. Voir et entendre Nicolas Lambert interpréter tour à tour Loïk Le Floch-Prigent, Alfred Sirven, André Tarallo ou le sourcilleux président du tribunal, c'est partager une expérience théâtrale réussie. «Avec ce procès Elf, explique le comédien, nous avons assisté à un moment palpable où les mécanismes qui s'attaquent aux racines mêmes de la République ont été mis au jour. C'est ce que j'ai voulu reproduire avec cette pièce. »

Et, de fait, ça marche. Loin de la lourdeur démonstrative d'un théâtre militant, on ouvre de grands yeux devant ce one-man-show. Mais, surtout, on s'interroge devant l'énormité de ce qui aurait pu être une farce, mais qui fut bien la réalité d'un procès, en France, au début du XXI e siècle. «En somme, je n'ai voulu faire que mon boulot de citoyen en le croisant avec mon métier», explique Nicolas Lambert.

Né dans le nord de la France « dans une famille qui n'allait pas voir de spectacles», il découvre les planches au lycée. Passion qu'il approfondit à l'université de Nanterre et qui débouche sur un double engagement, social et théâtral. Avec sa troupe, la compagnie Charlie Noé, il s'installe en banlieue et fait de celle-ci l'objet même ses spectacles. Il fait découvrir Marivaux aux adolescents des Zep. Il met en scène la mémoire ouvrière et immigrée dans des spectacles pluridisciplinaires, comme le Grenier des Lutz, un bric-à-brac théâtral où le fil rouge d'un parcours familial sur plusieurs générations devient emblématique d'une collectivité, celle des migrants de la banlieue.

Elf est venu naturellement, comme une suite de la réflexion. Les péripéties de la compagnie pétrolière - où les mots « or», « continent » et « caisse » sont si souvent suivis de l'adjectif «noir» - surviennent comme autant de déclics. «Ces inégalités que je dénonçais en banlieue trouvaient une partie leurs racines dans les agissements de cette compagnie en Afrique raconte Nicolas Lambert. J’ai donc voulu comprendre. » Trois mois d'affilée, il a suivi les débats du procès, engrangeant les citations et croquant les attitudes et les mimiques. Pour les ressortir d'une façon impressionnante dans son spectacle, à la fois vrai jeu théâtral et implacable démonstration

Christian Troubé, La Vie du 27 octobre 2005

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I-Télé

I-Débat - Le 22 février 2006
Affaire Elf, fin de la corruption en France?(Voir - haut débit - Real ou QuickTime)
avec Nicoals Lambert, Severine Teissier de l'association Anticor et Ayri Routier redacteur en chef du Nouvel Observateur

I-Afrique
"Elf la pompe Afrique" de Nicolas Lambert Voir le Sujet (haut débit) (Real ou QuickTime)
Sujet de I-Afrique signé multi-diffusé dans la semaine du 25 octobre 2004

En 2003, le procès Elf défraie la chronique. Plusieurs ancien dirigeants de la compagnie pétrolière dont Loïk le Floch-Prigent, Alfred Sirven et André Tarallo sont condamnés à des peines allant jusqu'à 5 ans de prison ferme pour abus de bien sociaux. Le spectacle inspire le comédien Nicolas Lambert pour un spectacle original..

En 2003 le comédien Nicolas Lambert a suivi dans son intégralité le procès Elf, une affaire politico-financière ayant pour enjeu l'exploitation du pétrole africain. Quatre mois d'audience résumés dans un spectacle de deux heures retraçant les grands moments du procès et reprenant les vrais déclarations des prévenus.
NL : "J'essaie de ne pas avoir de regard sur leur propos. Juste je les mets ensemble pour qu'on les comprennent et pour qu'ils synthétisent des choses qui sont très compliquées".
Nicolas Lambert incarne tour à tour le Président du Tribunal et les principaux accusés. Loïk le Floch-Prigent, ancien PDG d'Elf qui plaide responsable mais pas coupable,
"Loïk le Floch-Prigent : J'ai considéré que tout ceci était entre les mains de M. Tarallo et de M. Sirven. Durant toute ma présidence, je n'ai pas eu la vigilance qu'un Président aurait dû avoir sur ces affaires. C'est un gros défaut."
André Tarallo, ancien Monsieur Afrique de la compagnie pétrolière, joué en vieillard faussement naïf
"André Tarallo : Je crois vraiment que l'on peut servir Elf et le Gabon pour le plus grand bénéfice des deux."
Enfin, Alfred Sirven, ancien directeur général des affaires d'Elf : un personnage haut en couleur, assumant ses dérives, mais pas celles des autres.
Alfred Sirven : Vous me posez cette question là, alors que le procès commence à peine…
Caisse noire, dessous de table et corruption, Nicolas Lambert dénonce dans ce spectacle très politique, ce qu'il appelle le pillage par la France de ses anciennes colonies.
NL : "Nous on est arrivé avec une différence de l'espace d'une main entre le niveau des africains et le niveau des français et maintenant on a un abîme qui est insurmontable tant que des compagnies transnationales continueront à exploiter et ces peuples et ces terres".

Mathieu Firmin - Frédéric Balland - I-Télé

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Arte

Sujet du "Journal de la Culture" signé Olivier Languepin diffusé le 10 novembre 2004. Voir le Sujet : haut débit ou Streaming (Real ou QuickTime) ou

Huit ans d’instruction, quatre mois d’audience, trente sept prévenus et des centaines de millions de francs détournés… Il a fallu beaucoup de courage et de patience à Nicolas Lambert pour se glisser parmi le public des audiences et expurger ce monstre juridique pour en tirer deux heures de théâtre.

Le Président : "Vous êtes donc trente sept prévenus à devoir répondre de nombreux chefs de poursuite au titre de l’enrichissement personnel, notamment de détournement de biens sociaux, abus de biens sociaux et recels."
NL : « Entre le théâtre et la justice, il y a des accointances : il y a une scène, une estrade, des gens qui y arrivent, des audiences qui ressemblent étonnament à des scènes. »
Le Président : "Est-ce que toutes les opérations donnaient lieu à des versements de fonds occultes ?"
Alfred Sirven : "Mais il me semble que vous le savez mieux que moi, c’est la raison de ma présence ici."
NL : « On rigole au Tribunal parce que ces gens-là ont de l’humour – il n’y a pas de raison pour qu’ils n’en aient pas – et quand ils sont mis face à leurs contradictions et que le Juge le sait… Le président du Tribunal savait vraiment avec finesse dire aux gens qu’ils étaient en train de se foutre de sa gueule… »

Les dialogues sont authentiques, mais on a parfois du mal à le croire tant les accusés pris la main dans le sac font preuve d’une incroyable mauvaise foi pour esquiver les questions du tribunal

Le Président : "Avez-vous agi de votre propre initiative ou sur instruction ?"
Alfred Sirven : "Ces fonds, je ne me les envoie pas à moi-même, Monsieur le Président, je n'en ai pas le pouvoir."
Le Président : "Alors qui les envoie ?"
Alfred Sirven : "Ceux qui en ont le pouvoir."
Le Président : "Qui ?"
Alfred Sirven : "Mes supérieurs."
Le Président : "Qui ?"
Alfred Sirven : "Le Président."
Le Président : "Vous voulez dire M. Le Floch-Prigent ? "
NL : « On est face à des gens qui ne comprennent pas qu’on puisse leur reprocher de s’être servi du système et ils sont cohérents dans la mesure où ce ne sont pas les seuls à s’en être servi. Quand ils étaient à Gaz de France, à la SNCF, chez Alcatel etc… ils disent « mais je faisais la même chose ! Comment voulez vous avoir des contrats ? Comme ça ! »


Drôle et cruelle, la mise en scène de Nicolas Lambert a le mérite de rendre compréhensible un procès tentaculaire qui n’a malheureusement rien d’une fiction.

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Afrik.com

“ Elf, la pompe Afrique ”
Les coulisses de la 5ème République sur le devant de la scène
Propos recueillis par Valentine Lescot. Sujet d'Afrik.com du 28/01/2005

De mars à juin 2003, 37 membres de la compagnie pétrolière français Elf comparaissaient devant la Justice française, officiellement pour abus de biens sociaux dépassant les 170 millions d’euros. Plongée au cœur de la Françafrique, la pièce théâtre de Nicolas Lambert, Elf, la Pompe Afrique, reprend, jusqu’au 18 février à Paris, les passages forts du procès scandale de la 5ème République. Interview.

L’affaire Elf adaptée au théâtre. Adepte d’un théâtre militant, le comédien français Nicolas Lambert, qui a suivi au Palais de Justice à Paris les quatre mois du procès Elf (mars à juin 2003), “ ne voulait pas que ce dossier reste dans un coin ». Pour lui : « Il fallait que les gens sachent ». Il écrit et met alors en scène Elf : la pompe Afrique, la 5ème pièce de sa carrière. Il y joue à la fois les prévenus, les juges et les avocats. Un véritable acte citoyen. On rit de l’énormité des combines et des sommes déjouées, tout en ayant conscience de leur gravité. Car avec ça, “ la République aurait pu sauter 20 fois ”. en 2003, Loïc Le Floch-Prigent, président d’Elf de 1989 à 1993, Alfred Sirven, ancien directeur des affaires générales du groupe et André Tarallo, le “ Monsieur Afrique ” de la compagnie, comparaissaient à la barre. Leurs témoignages vont en fait mettre à jour un système de relations cyniques entre l’Etat français et l’Afrique francophone. “ Elf a été créé pour maintenir l’Algérie et les rois nègres dans l’orbite française par le biais du pétrole. Avec les Algériens, ça a capoté. Avec les rois nègres ça se poursuit ”, explique l’ex-président d’Elf au tribunal. Quatre mois d’audience, 37 prévenus mais aucun homme politique.

Afrik.com : Avant d’assister au procès, saviez-vous qu’il existait un système “ françafricain ” [*] mis en place par de Gaulle, orchestré par son homme de l’ombre Jacques Foccart et dont le but était que la France garde la main mise sur ses anciennes colonies et continue à exploiter leurs richesses ?
Nicolas Lambert : Non, je ne savais pas. Par exemple, je ne comprenais pas ce que faisait notre armée au Tchad ou en Côte d’ivoire. Le type de liens qu’entretient la France avec ses anciennes colonies me paraissait complètement mystérieux. Ce n’est qu’après avoir assisté au procès que j’ai pu comprendre beaucoup de choses sur le fonctionnement de notre 5ème République. Bien que je craigne que ce ne soit qu’un bout de l’iceberg...

Afrik.com : Quelles conclusions avez-vous tirées à la fin du procès ? Quels ont été vos sentiments ?
Nicolas Lambert : De la colère de voir que tout un système (la françafrique, ndlr) était expliqué dans une cour de tribunal, à Paris, sur l’Ile de la cité. Et tout le monde s’en fichait. Là seule conclusion qu’on en a tiré c’est : “ ils s’en sont mis plein les poches ”.

Afrik.com : Alors que cette affaire touche directement le Président de la Réplique actuel et ses prédécesseurs ?
Nicolas Lambert : Oui, même si cela n’a pas été dit clairement pendant le procès. Mais dans son livre (Affaire d’Elf : affaire d’Etat, ndlr), Loïc Le Floch-Prigent explique qu’il a dû refuser de voir la juge Eva Joly sur la demande du Président de la République. Dans le livre qu’a écrit Eva Joly, j’ai été effrayé de voir comment les services secrets français ont cherché en permanence à saboter son travail.

Afrik.com : Vous dites au début de la pièce que les bancs réservés aux journalistes dans la salle d’audience étaient quasiment vides. Pensez-vous que la presse française n’a pas suffisamment couvert le procès ?
Nicolas Lambert : C’est le moins qu’on puisse dire. Pour comprendre une affaire pareille et la faire partager au public, au lecteur, aux téléspectateurs ou aux auditeurs, il faut assister aux audiences et se plonger dans le dossier. Il y avait environ une douzaine de journalistes qui ont suivi les 4 mois du procès. Certains médias ont fait un boulot admirable comme Le Monde, Libération, RFI, Le Parisien et Le Figaro. Mais il y avait peu de journalistes de télévision. Parce que ces grands médias appartiennent aux grands groupes industriels, comme Dassault, Lagardère, et n’ont pas forcément envie que des affaires, telles que celle d’Elf, soient dévoilées. Enfin, il faut se demander quelle place on veut donner à des informations remettant en cause un système politique et financier en France. Aux Etats-Unis, l’affaire du Water Gate (scandale des écoutes du pentagone aux Etats-Unis qui a obligé le Président Richard Nixon à démissionner en 1974, ndlr) était retransmise 7h par jour en direct sur toutes les chaînes de télévision. Autre exemple, l’opération mani pulite a fait imploser l’ensemble des partis politiques italien. Pourtant, les sommes en jeu étaient bien inférieures à celles du scandale Elf.

Afrik.com : Votre spectacle n’est pas subventionné. Est-ce à cause du sujet que vous traitez ?
Nicolas Lambert : Non. C’est un problème de système de financement du théâtre en France, qui est peu favorable aux pièces traitant de l’actualité un peu lointaine (le procès s’est terminé l’été 2003, ndlr). Par ailleurs ce qui séduit les gens et les financiers de la scène française c’est avant tout un théâtre très joli, formel, poétique. Le théâtre citoyen est peu représenté en France, alors qu’il existe en Belgique où s’est joué Rwanda 94, une pièce sur la responsabilité de la Belgique et de la France dans le génocide. En Angleterre un metteur en scène a monté une pièce sur la relation Bush-Blair. Il est étonnant de voir que je n’ai reçu que des journalistes politiques, et pas un seul journaliste culturel. Alors que le théâtre citoyen reste de la culture.

Afrik.com : Quel type de public draine votre pièce ?
Nicolas Lambert : J’ai un public très large socialement et culturellement. Ce qui m’a beaucoup touché. Au début, il était plutôt militant. Les spectateurs africains sont, pour leur part, très touchés de voir que ces problèmes français soient évoqués par un Français.

Afrik.com : Sur quels thèmes allez-vous travailler par la suite ?
Nicolas Lambert : En ce moment ce sont les problèmes liés à la décolonisation qui me préoccupent. Je ne m’explique pas pourquoi on dit “ immigrés ” quand on parle des Maghrébins. Quand on parle des Chinois ont dit les Chinois. Quand il y a des problèmes dans les banlieues, c’est toujours le fait de “ jeunes immigrés ”. Donc pourquoi fait-on une différence entre les personnes venant de nos anciennes colonies et ceux qui viennent d’ailleurs ? Je pense qu’il y a des choses qui ne sont pas digérées parce qu’elles n’ont pas été dites et racontées. Je voudrais aussi me pencher sur le fonctionnement des marchés publics en France ou l’absence d’actes politiques courageux de la part de nos politiciens.

Afrik.com : Vous pensez vraiment, comme vous le concluez dans la pièce, que la 5ème République est malade ?
Nicolas Lambert : Oui. L’information est malade, le pays a voté à moins de 40 % lors du premier tour de l’élection présidentielle, et seulement 22 % pour le Président d’aujourd’hui. Je pense que nous ne sommes pas dans un pays qui va bien.

[*] Le mot françafrique est une néologisme inventé par Félix Ouphouët Boigny, premier Président de la Côte d’Ivoire. Le mot est devenu aujourd’hui un terme péjoratif pour dénoncer le néo-colonialisme français en Afrique

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microCassandre

JUGEMENTS INJUSTES
«Achetez-moi une église !»
Nicolas Lambert joue le procès Elf

Rien, jamais, n’est aussi fou que la réalité. Pour le confirmer, voici ce spectacle intitulé «Elf la pompe Afrique», aux ingrédients aussi sulfureux qu’instructifs. Comptes noirs,comptes en Suisse, versement de «bonus», Omar Bongo, le jet privé d’André Tarallo,«érosions» de fonds, la déstabilisation de l’Afrique de l’ouest et du Venezuela organisée à travers Elf, des sociétés offshore qu’on se «prête», les complicités avec Chirac, Mitterrand,Pasqua… Comment fonctionne une démocratie dans les abysses de ses sommets? Nous voici dans des sphères qui rechignent à se dévoiler. Où un dirigeant d’Elf peut simplement demander à son service d’immobilier de lui acheter une église…

Le procès Elf, c’était quatre mois de séances, et Lambert les a toutes suivies, du début à la fin. Soigneusement il prenait des notes, jouant le rôle d’un journaliste. Mais son œil est aussi celui du comédien. Il sait donc faire vivre sur le plateau Loïk Le Floch-Prigent (dans le rôle du repenti : « J’ai eu tort », « C’était une faute », « J’ai eu une réaction de gamin » etc.), Monsieur Afrique (André Tarallo dans le rôle de l’innocent), Dédé la sardine (André Guelfi dans le rôle du magicien déchu « J’étais le seul à pouvoir frapper à la porte de Boris Yeltsine ») et Alfred Sirven à l’accent du midi, dans toute son arrogance. Sans oublier le président du tribunal, alternant épreuves de forces et ruses, tel un dompteur de lions. Elf +l’Élysée = république bananière plus élégance parisienne.

«Elf, la pompe Afrique (lecture d’un procès)» a le mérite de condenser le procès Elf et de le rendre « lisible ». Le résultat est une clarté qui était inaccessible même à ceux qui suivaient le procès à travers la presse, semaine par semaine. Difficile de songer à meilleur exemple d’un théâtre documentaire et citoyen (d'avant qu’on nous galvaude le terme). Lambert relève les faits de corruption, de manipulation et de complicité des plus hauts représentants de la République, mais aussi l’incroyable cynisme des accusés. Ceux-là sont toujours prêts à rejeter la faute sur l’autre pour clamer leur innocence. Et ça peut tourner au ridicule : « Ce n’est pas moi qui ai le goût du luxe, c’est ma femme!» ou encore : « Je suis fils unique, j’avais promis à ma mère de faire du jardinage » (Le Floch-Prigent à propos de l’achat de meubles de jardin pour 80 000 francs le jour de son éjection de chez Elf). L’utilité publique de l’initiative de Nicolas Lambert crève les yeux. Si la Ve République avait une capacité d’auto-nettoyage, on inscrirait ce spectacle au programme scolaire.

Ce théâtre est le résultat d’une vraie démarche civique et d’une volonté de fer (entre autres pour avoir épluché les 16000 pages d’actes de procès). Lambert part sur les traces de ces chroniqueurs de procès qui font aujourd’hui défaut. Même si dans ce cas, il ne s’agit pas de relever la dureté de la justice vis-à-vis des petits délinquants, mais bien de révéler le cynisme d’un système politique. Et ce cynisme prend chair dans les stratégies d’esquives des accusés, dans leurs petites stratégies pour ne pas répondre aux questions. Lambert rend leur roublardise, leur côté pathétique et méprisant. Et il éclaire ainsi le fonctionnement du système (et de son carburant, les hommes) bien plus que toute étude des actes du procès (et qui en aurait le courage?).Et puisqu’il est question du pillage de l’Afrique, n’hésitons pas à établir un parallèle entre Lambert et la tradition du griot qui apporte les nouvelles de la vie sociale. Par ailleurs, le spectacle est ponctué de chansons politiques de Nicolas Bacchus (ce n’est pas un pseudo de Lambert).On sort de cette « lecture » aussi hilare qu’effondré. Un vrai délice d’initié!

Thomas Hahn

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Libération

Théâtre. Après avoir consigné le procès, le comédien Nicolas Lambert en fait un «documentaire» sur scène.
Elf digne d'audience
Par Karl LASKE, Libération vendredi 26 mars 2004

L'an dernier, il s'est glissé parmi le public du procès Elf. Puis, trompant la vigilance des gendarmes, il s'est installé sur les bancs de la presse, bloc en main, notant tout, y compris lors des audiences tardives désertées par la plupart des journalistes. Captant les voix, les accents, les mimiques des anciens rois français du pétrole.

Le comédien Nicolas Lambert préparait son coup, méthodiquement. Il était l'envoyé spécial (et secret) d'un futur spectacle. Ses notes mises au propre, le revoilà, un an plus tard, interprétant à lui tout seul, et en version quasi originale, le procès, le président du tribunal, les prévenus. Le tout en quatre «audiences» entrecoupées d'une pause dessert.

Chantage. «Après, c'est le verdict ?», piaffe déjà quelqu'un. Relire le procès Elf, l'un des plus longs qui se soit joué l'année dernière au Palais de justice de Paris (quatre mois et demi d'audiences), n'est pas un petit défi. Lambert a ingurgité la substance de l'affaire, saisi les mensonges et les mesquineries, les insidieuses parties de chantage que se livraient les prévenus. Tentative ludique d'un «documentaire au théâtre» d'après Lambert.

Le comédien se glisse parfaitement dans la peau du président du tribunal, Michel Desplan, qui, accoudé à un baril, secouant ses manches invisibles, conduit impitoyablement l'interrogatoire. Pire qu'un huissier s'acharnant sur une collection de fausses médailles. L'ancien patron d'Elf, Le Floch-Prigent, figé dans une ridicule posture gaullienne, se liquéfie peu à peu. L'imperturbable Alfred Sirven frotte le revers de sa veste, jouant la menace mieux qu'un John Wayne dont il collectionne les films, et ce avec l'accent d'un Pasqua qu'il vénère.Moins réussi, l'ex-monsieur Afrique, André Tarallo, se recroqueville près du baril, pour évoquer ses devoirs africains, sans parvenir à expliquer pourquoi son compte en Suisse s'appelait Colette, comme sa femme, et non pas Libreville. Tous racontent et avouent, dans le texte, le pillage d'Elf.

Sonnerie. «Je n'ai pas pu ignorer, par conséquent j'ai su», confesse Le Floch le plus applaudi des prévenus. «Il ne pouvait pas ne pas savoir, ou alors la terre est carrée», décrète Sirven. Presque du Pagnol. A la reprise, Lambert siffle la sonnerie rituelle qui impose au public de se lever. «L'audience est reprise, vous pouvez vous asseoir.» Tout y passe : la propriété achetée à un copain de Mitterrand, la passion du jardinage de Le Floch, le petit château de Sirven, la villa de Tarallo en Corse, les valises d'argent remises aux politiques.
Le disque d'une vieille Marseillaise conclut logiquement le spectacle. Lambert quitte alors sa place de comédien, pour dire qu'on a oublié de juger le système Elf. Il propose un débat, mais le public (fatigué après trois heures de spectacle) n'a plus de questions à poser aux prévenus.

Karl LASKE © Libération

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Le Monde.fr

Décalé
Le procès Elf sur les planches
Par Matthieu Firmin. Le 20 octobre 2004

Il est arrivé rue de l'Ermitage, dans le 20e arrondissement de Paris, un baril de pétrole estampillé Elf flanqué sur l'épaule gauche. Le visage déformé par une grimace due à l'effort, il a franchi la porte de garage marquant l'entrée du Studio de l'Ermitage. Contrairement aux apparences, Nicolas Lambert n'est pas livreur de carburant. Comédien de 37 ans, il vient installer dans cette salle de théâtre le décor de sa dernière pièce : Elf, la pompe Afrique*.

De mars à juillet 2003, il a assisté par curiosité, au Palais de justice de Paris, aux audiences du procès Elf durant lequel comparaissaient 37 prévenus (dont Loïk Le Floch-Prigent, André Tarallo et Alfred Sirven) pour abus de biens sociaux commis au détriment de la compagnie pétrolière. Frappé par la théâtralité de la justice et la "monstruosité" de cette affaire politico-financiaire, il décide de retranscrire sur des carnets de notes l'intégralité des débats. Parallèlement, il s'imprègne des tics, des attitudes et de l'intonation des différents protagonistes mis en cause. A l'issue des quatre mois d'audience, il en compile les moments emblématiques pour en faire un one-man-show de deux heures résumant le procès, que Nicolas Lambert qualifie de "documentaire".

Sur une estrade en bois noir, le baril Elf en guise de pupitre. A gauche de la scène, une balance symbolisant la justice encadrée des portraits de De Gaulle, Chirac et Mitterrand. Costume gris sur polo bordeaux, l'artiste incarne tour à tour Michel Desplan (le président de la cour), André Tarallo (ex-M. Afrique d'Elf), Alfred Sirven (ex-directeur des affaires générales de la compagnie), Loik Le Floch-Prigent (ex-PDG) et André Guelfi (homme d'affaires). Entre deux grands mouvements de manches, Michel Desplan, le regard inquisiteur, formule ses questions comme on plante des banderilles : précises, incisives, faussement naïves… Caisses noires, financement de partis politiques, détournements d'argent à des fins personnelles, tous les aspects de l'affaire sont passés en revue. Nicolas Lambert fait répondre les accusés en imitant les voix de chacun, en grossissant leurs traits de caractère, mais en restituant fidèlement leurs paroles devant la cour. André Tarallo est dépeint en vieillard légitimiste envers "les rois nègres" et dépassé par les événements. A propos de ses multiples comptes en banque suisses :

- Le président : "Pourquoi avoir ouvert tous ces comptes, monsieur ?"
- André Tarallo : "Pour des raisons africaines. J'étais le conseiller spécial du président Omar Bongo. Je ne pouvais pas refuser de servir le Gabon."

Loïk Le Floch-Prigent est montré faisant profil bas, reconnaissant d'une voix d'outre-tombe des "erreurs", mais pas des délits. A propos des commissions occultes : "Les sommes versées bénéficiaient à ceux qu'on nous désignait. Après, ils en faisaient ce qu'ils voulaient. La cuisine, ça ne me regardait pas. Si, à la fin, ça se terminait dans un orphelinat, j'étais content. Mais ça ne se terminait pas toujours dans un orphelinat."

Alfred Sirven, avec faconde, prend des accents à la Pasqua pour reconnaître comme un parrain sicilien sa part de responsabilité, mais pas plus.

- Le président : "Ces comptes ont été ouverts en votre nom personnel par vous-même. Correspondaient-ils à vos deniers ou aux fonds de la société Elf ?"
- Alfred Sirven : "C'était les deux. J'ai pensé qu'une partie pouvait constituer des fonds personnels."

Devant cette comédie du réel, le public rit puis est pris de vertige quand il se souvient que le texte joué par Nicolas Lambert est la triste réalité et qu'il réalise l'ampleur des sommes détournées, près de 150 millions d'euros, au détriment d'Elf mais surtout de l'Afrique.

Matthieu Firmin LE MONDE.FR | 20.10.04

* Elf, la pompe Afrique, tous les lundis à 20 h 30 jusqu'au 29 novembre, au Studio de l'Ermitage, 8, rue de l'Ermitage, 75020 Paris.

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LARTSCENE.com


Le 22 mars dernier, au Buveur de Lune, bar du XIème arrondissement de Paris, Nicolas Lambert donnait la première représentation de Elf, la pompe Afrique, son nouveau spectacle tiré du procès fleuve intenté par la compagnie pétrolière à ses dirigeants. Un « documentaire théâtral » charnel sur un des plus gros scandales d’Etat. Un « documentaire théâtral », mais avant toute chose un spectacle drôle et citoyen, enlevé et passionnant.

« Ce que soulevait le procès Elf me semblait assez monstrueux et je ne le comprenais pas. Il y avait beaucoup d’informations. Une information fractionnée et distillée petit à petit par les médias pendant des années. » s’explique Nicolas Lambert quant aux raisons qui l’ont conduit à écrire et interpréter son spectacle, Elf, la pompe Afrique.

De fin mars à début juillet 2003, dans les murs du Tribunal de Paris, trente-sept prévenus (dont Loïk Le Floch-Prigent, André Tarallo et Alfred Sirven) étaient jugés pour divers abus de biens sociaux commis au détriment de la compagnie pétrolière, Elf. Poussé par le désir d’assister au procès et désireux de comprendre les arcanes de cet imbroglio politico-judiciaire, c’est en se jouant de la vigilance des gendarmes que Nicolas Lambert, comédien, a pris place sur les bancs réservés à la presse.

Rédigeant scrupuleusement nombre de notes d’un dossier d'instruction lourd de 16 000 pages, Lambert prend rapidement la mesure d’une monstruosité « opaque » qui se chiffre à coups de millions sonnant et trébuchant. Attiré par la théâtralité de la Justice, il comprend très vite « qu’il y avait un truc à faire sur Le Floch-Prigent. Un homme qui est tout en haut du pouvoir et qui se met à « délinquer », qui n’est plus relié au reste de la société. Ce type est isolé dans sa tour Elf, il pète les câbles un peu de la même façon qu’une personne équivalente est bloquée dans sa banlieue, dans sa tour aussi.»

Quelques mois après le verdict, ayant digéré ses 4 mois d’audiences, Nicolas Lambert présente « la lecture d’un procès », reprenant quasi littéralement les propos dans le texte. Retenant ce qui permet la lisibilité d’une histoire, Lambert a construit son spectacle à partir des figures emblématiques du procès, reconstituant sur ses souvenirs chacun des personnages principaux.

Doté d’un sens aigu de l’observation ajouté à un don d’imitation, Nicolas Lambert incarne tour à tour - sans aucun parti pris mais en renvoyant tel un miroir les déviances de chacun - un Le Floch-Prigent statique qui « ne pense pas que la prison soit une bonne réponse aux problèmes de la société et d’ailleurs [il] milite en ce sens», un Alfred Sirven très pasqualien, frottant le revers de sa veste comme pour contenir son arrogance, un André Tarallo qui se défausse et invoque ses devoirs envers la France, puis un président du tribunal (Michel Desplan) intransigeant, direct et n’hésitant pas à jouer d’effets de manche pour rappeler aux prévenus qu’ils sont face à la Justice. A l’image d’un André Guelfi, presque attachant dans son authenticité jusque dans ses pires dérives, dans une certaine mauvaise foi aussi, Lambert fait en filigrane passer l’idée que ces ex-dirigeants dépassés par un surcroît de pouvoir n’en sont pas moins des humains face à la Justice. Sur fond de confession honteuse, leurs faiblesses se font jour plongeant le public entre compassion et dégoût, horrifié par l’absence de scrupules à vider un continent de son sang au nom de la République.

Durant 2 heures, réparties en deux actes et quatre «audiences» entrecoupées de respirations musicales, Nicolas Lambert, dans un souci d’information citoyenne, de transmission d’un savoir, tisse un fil d’Ariane à ce labyrinthe. Par la voix de Le Floch-Prigent, il révèle qu’ «en même temps que la 5ème République est fondée, il est fondé une espèce d’anti-système, un système opaque, complètement antidémocratique qui consiste à faire systématiquement le contraire de ce qui est fait à la lumière.» Elf ainsi mise en lumière apparaît comme une société off shore de la République. Société qui finance les partis politiques de tous bords (excepté le F.N.). Véritable vache à lait qui contribue à payer le divorce et l’appartement de Le Floch, une propriété pour François Mitterrand à Louveciennes, la villa en Corse de Tarallo, le «château» de Sirven, etc.

Ardent défenseur du spectacle vivant, le comédien s’attache à ne pas enfermer le théâtre dans des lieux trop confinés. Elf, la pompe Afrique, dans un décor de tribunal à connotation religieuse (Sous une balance, les portraits de Chirac et Mitterrand encadrent celui du "père fondateur" du système Elf, Charles de Gaulle) se joue dans des bars, avec la participation du public qui se lève à chaque reprise d’ «audiences» et se rassoit à l’invitation du président du tribunal. A l’issue du spectacle, Lambert quitte son pupitre d’orateur, sort de son rôle de vecteur du procès pour apporter son point de vue personnel et inviter le public à un débat. Elf, la pompe Afrique est intéressant à plus d’un titre et Nicolas Lambert réussit-là un pari encourageant. Proposer un vrai spectacle de qualité, drôle et citoyen, rythmé, captant l’attention d’un public informé ou non, interrogeant sur nos propres revers au regard de ceux des autres, tout cela en menant une vraie mission de journaliste et d’information.

David Desreumaux – 02 avril 2004

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RFI

Journal de la culture de RFI
Le dossier du jour : Elf la Pompe Afrique (écouter)

Un juge, des prévenus et du public, le tout rassemblé dans l’arrière-salle d’un café, pour une véritable plongée dans l’affaire elf, comme si vous y étiez. Tous les dialogues sont vrais et pour cause : Nicolas Lambert, auteur et comédien, a suivi l’an dernier toutes les vraies audiences du vrai procès elf.

NL : - L’enjeu pour moi c’était de piger et de synthétiser ce bazar. Ce qui m’apparaissait au fur et à mesure du procès me semblait monstrueux. Il y avait un travail excellent qui était fait par des journalistes mais c’était noyé dans le flot du loft, du je-ne-sais-quoi qui mobilise les médias. Il me semblait qu’il fallait faire un travail de synthèse, j’ai essayé.

Malgré des moyens modestes, Nicolas Lambert gagne son pari de recréer l’atmosphère d’une salle d’audience avec ses lenteurs, ses coups de théâtre et ses leçons de vie, où la plupart des protagonistes apparaissent finalement plus sympathique que dans la réalité.

NL : - on entend souvent sur l’économie libérale : « c’est le marché qui veut ça »… Non : c’est des gens, à un moment donné de la chaîne c’est des gens et ce sont des décisions de gens : des erreurs ou pas, des déviances, mais c’est humain ces choses là.
RFI : - et rendre ces gens sympathique ça vous gène pas un peu ?
NL : - ah non ! en tant que comédien c’est mon boulot. »

D’autant que l’auteur peut se faire aussi très caustique. Seule différence dans ce procès : ici, personne ne rend de jugement.

RFI - David Servenay - 24 avril 2004

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Radio Nova

Les matinales 6>9 : « Manu le Matin »
7h40 : 3 Questions

Manu réveille ceux qui feront l’actu de la journée.
22 mars 2004 : Nicolas Lambert pour « Elf, la pompe Afrique » (écouter)

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TSF

L'Agenda Culturel
Coup de Projecteur sur "elf, la pompe Afrique"

L'interview rélisée par Laurent Sapir.
10 janvier 2005 : Nicolas Lambert pour « Elf, la pompe Afrique » (écouter)

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France Bleue Paris - La CityRadio

« Les City-Baladeurs»
17h20 : Coup de projecteur en direct

Laurent Valières est le citybaladeurs : en direct ce jour là du Studio de l'Ermitage pour une interview... malheureusement non disponible à l'écoute ici...

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Sud Ouest

Ça y est. L’Estaminet cher à Bernard Lubat a rouvert. Avec de belles surprises, comme ce « documentaire théâtral » sur le procès Elf de Nicolas Lambert joué samedi, qui a su séduire le public.

Elf passe à l'acte
Sud Ouest – Édition Sud-Gironde du lundi 12 avril 2004


Pas très loin de l'Estaminet, qui a repris des couleurs ce week-end, la Menuiserie de la Compagnie Lubat est bien remplie ce samedi après-midi. Sur la scène recouverte de tissu noir, un bidon estampillé Total servira de pupitre au comédien Nicolas Lambert. La scène figure une salle du tribunal correctionnel de Paris. En attestent les portraits des présidents de Gaulle, Mitterrand et Chirac épinglés sous la balance de la justice.

La démarche de Nicolas Lambert est étonnante. « Je voulais assister au procès Elf pour me faire une idée, en tant que citoyen. Comme la salle était comble, je me suis fait passer pour un journaliste. Les trois premières semaines, je n'ai rien compris. Et puis, au fur et à mesure, j'ai vu plus clair. Le système Elf, c'est une façon de maintenir nos anciennes colonies dans un état de domination ». Un système qui bénéficie à la classe politique française dans son ensemble. Un système en dérapage incontrôlé. Loïk Le Floch-Prigent le dit lui-même: « Elf a été créé pour maintenir l'Algérie et les rois nègres dans l'orbite française ».

À la virgule près. « Au début, je ne savais pas quoi faire de tout ça. J'ai alors pensé au côté théâtral de la représentation judiciaire ». Nicolas Lambert épluche les minutes du procès. Un travail gigantesque pour, au final, compiler deux heures d'audience et en faire un spectacle. a J'ai gardé ce qui permettait de rendre l'affaire intelligible ». Ainsi, avec « Elf, la pompe Afrique », Nicolas Lambert rejoue à la virgule près les grands moments du procès. En entrant tour à tour dans la peau de tous les protagonistes à peine caricaturés : André Tarallo se perdant en circonvolutions, la faconde d'Alfred Sirven, la rondeur d'un Loïk le Floch-Prigent qui se pose en victime, la gouaille d'André Guelfi dit « Dédé la Sardine», l'insistance du juge Michel Desplan, les grands gestes du procureur de la République...

Les propos bien réels des prévenus (auxquels répond l'authenticité des textes des slammeurs pendant les suspensions d'audience) sont tellement sidérants que tout ça roule sur du velours. Leurs réactions font penser à celles d'enfants pris en train de dérober un bonbon sur l'étal du marchand. Les protagonistes de l'affaire deviennent alors subitement des personnages de la commedia dell'arte. Étonnamment drôles avec leurs comptes d'apothicaires milliardaires acheteurs d'hommes politiques. Et surtout terriblement pathétiques. Car, non, comme l'avait promis Alfred Sirven, la République ne s'est pas écroulée. Les fusibles du système ont parfaitement fonctionné. La justice semble impuissante à remonter « plus haut ».

Avec « Elf, la pompe Afrique », on rit volontiers de la mauvaise foi des anciens dirigeants d'Elf. Mais on rit jaune devant les milliards détournés au profit de quelques-uns... Car ceci n'a rien d'une fiction. « Je mets aujourd'hui cette pièce au service d'associations qui essaient d'expliquer cette "œuvre" de la France en Afrique. Il y a même des avocats qui m'ont proposé de la jouer dans un palais de justice ».

Bertrand Ruiz

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Pariscope

Coup de cœur
Marie-Céline Nivière

Nicolas Lambert, comédien et citoyen de son état, a eu l'idée surprenante d'assister au procès «Elf». II a pris des notes, beaucoup observé. Cela donne «Elf, la pompe Afrique», lecture d'un procès. A travers ce spectacle, écrit et interprété par Nicolas Lambert lui-même, les protagonistes racontent cet imbroglio politico-judiciaire. Ce «documentaire-théâtre» est passionnant à suivre! Prochaine date les lundis 24 mai et 14 juin à 20h30 au Studio de l'Ermitage et le 7 juin à 20h à la Fenêtre. A ne pas manquer!

Pariscope • semaine du 19 au 25 mai 2004

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Les Echos

La comédie vraie de l'affaire Elf
Jean-Claude Hazera - Les Echos - Edition du 8-9 octobre 2004

Un comédien, Nicolas Lambert, a eu l'excellente idée d'assister au procès Elf et d'écrire un spectacle qu'il joue lui-même à partir de propos réels tenus par les protagonistes. II est alternativement Loïk Le Floch-Prigent, André Tarallo, Alfred Sirven, Dédé la Sardine, etc. C'est réussi et drôle...

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NicolasBacchus.com : Les News

ELF, la pompe Afrique (lecture d'un procès)

Je m'étais promis de vous en parler, tellement j'avais été emballé, sur le cul et tout, et voilà l'occasion puisqu'on recommence :

J'ai participé en tant qu'"intermède musical" à un spectacle théâtral de Nicolas LAMBERT reprenant l'esprit et la lettre de quelques volets du procès ELF...

STOP, partez pas ! La magie est justement là : renseigné ou novice, a priori intéressé ou pas, on se laisse prendre par tout du début à la fin : l'histoire, vraiment théâtrale, la performance individuelle, avec imitation bien campée de chaque protagoniste, le travail d'écriture, qui a su se jouer de la contrainte, s'en servir même, pour donner un sens et une dimension spectaculaire à tout ça :

Rien ne manque, introduction, présentation des personnages, rythme entre humour et tension, chute, on n'est jamais perdu, toujours en éveil et sollicité, on a peine à croire que tout est vrai, et pourtant... Dans la présentation "cabaret", on mange avant (un mafé Sénégalais sans pétrole par exemple), et chaque suspension de séance est égayée par un musicien (Nicolas Bacchus par exemple).

Ces quatre demi-heures passent à toute vitesse, on apprend, on rit, on s'indigne, on s'émeut, bref, c'est un one man show théâtral complet comme je n'en avais pas vu depuis longtemps !

Courrez-y, même quand je n'y chante pas !

Nicolas Bacchus

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Le Théâtre de l'Unité

Enfin vint Lambert, Elf la Pompe Afrique
Jacques Livchine - Blog Avignonais - le 16 jullet 2005

J'étais proche du suicide Artistique.

Avignon avec cet avant -garde d'hommes et de femmes nus perdus dans l'intersidéralité.

Là c'est du concret : le procès intenté par Elf Aquitaine à ses dirigeants -Le Floch Prigent et cie. 2 H 15 comme au vrai procès qui a duré 4 mois, où l'on voit à quel point le théâtre sait éclairer les situations confuses du monde.Nicolas Lambert joue les dix personnages, avec brio et sans cabotinage. Il est au service de la vérité avec les vrais mots du procès. Un petit plaisir en plus, Nicolas Lambert a été un stagiaire Chaillot de la session "invente ou je te dévore" où nous nous interrogions sur "quoi représenter au théâtre".

Nicolas Lambert décortique dans le détail le procès et nous sortons de là sidérés et armés d'une grande vigueur.

Jacques Livchine

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Théâtres, le magazine

NICOLAS LAMBERT EST SEUL EN SCÈNE DANS UN PASSIONNANT RETOUR SUR LE PROCÈS ELF

Molotov sur la République
Alexandre Le Quéré - N° 21 - été 2005


Le Floch-Prigent, les abus de biens sociaux, la putain de la République, les comptes en Suisse, les dictateurs africains, les chaussures de Roland Dumas... Elf : une affaire judiciaire aux multiples ramifications, dont on n'a retenu que les aspects les plus sulfureux. Nicolas Lambert a choisi la face sombre du scandale : le volet africain. Prenant appui sur un baril de pétrole, le comédien joue sur scène les protagonistes des audiences. Soit le caustique président du tribunal ; Loïk Le Floch-Prigent, ancien P-DG pris de remords ; Alfred Sirven, homme de l'ombre, et André Tarallo, responsable de la « politique africaine » du groupe. Sans oublier l'hilarant André Guelfi, alias Dédé la Sardine, papy escroc appelé à la barre comme témoin.

Nicolas Lambert ne se situe pas dans la satire et la diatribe partisane. Ce serait trop simple. Son travail tient presque du documentaire. II a d'ailleurs personnellement suivi les débats en se faisant passer pour un journaliste. À partir de ses carnets de notes et de coupures de presse, il a monté un one-man show de deux heures. Toujours détaillé, jamais barbant : les dons d'imitation de Nicolas Lambert y sont pour beaucoup.Le spectacle, plébiscité, tourne depuis plus d'un an. Car, si Elf, la pompe Afrique - tout comme le procès - ne parvient pas à faire sauter la République, comme l'aurait prétendu Sirven, il remue les arrière-cuisines nauséabondes de l'État français.

Lambert fait du théâtre citoyen, documentaire, militant, politique, du théâtre qui rappelle et interpelle, le tout sans slogan, sans mauvaise foi. Il n'en a pas besoin. Dans l'affaire Elf, la réalité a souvent dépassé la fiction.


Alexandre Le Quéré

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La Provence

« Elf », une comédie pour rire ou pleurer ?
Stéphanie POURQUIER - 17 juillet 2005


Nous avons tous entendu parler du procès Elf qui s'est déroulé en 2003. Ce feuilleton judiciaire mettait en cause Loïk Le Floch-Prigent, Alfred Sirven et André Tarallo pour ne citer qu'eux. Accusés d'abus de biens sociaux, ce procès avait défrayé la chronique parce qu'il mettait réellement en cause : le pouvoir politique français.

Elf, Pompe Afrique est le récit de ces quatre mois de procès auxquels l'auteur et metteur en scène, Nicolas Lambert, a assisté. Il nous relate les audiences en respectant les propos des protagonistes principaux.

En fin pédagogue, il nous éclaire sur cette affaire. Le spectateur comprend les pays d'Afrique au moyen de la République française, la corruption, les fonds détournés, les intérêts politiques et Elf, qui, au service de ce système "opaque", n'a été qu'un acteur. Parmi d'autres...